mercredi 18 août 2021

Rayon de soleil

Réveil dans un  rayon de soleil, nu et sans même un drap sur moi. Il faut croire que la nuit fut chaude malgré les fenêtres ouvertes. J'adore ces moments où la température ne pose plus de problème, quand même les moustiques et autres intrus de la nuit restent à l'extérieur pour permettre au corps le repos après un délicieux moment juteux de plaisir solitaire.
Je me suis donc réveillé serrant contre moi un grand traversin passant entre mes cuisses comme un sexe énorme et je suis sûr -sans vouloir me vanter (ou juste un peu)- que la scène devait être charmante pour un oeil artistique puis pour un partenaire entreprenant, ami, amant, fiston... 
L'été décuple ma sensualité orientale naturelle et je multiplie les sessions photographiques en extérieur comme pour faire le plein avant le retour à la ville et à la vie civile dans laquelle Van Orso n'est qu'un homme lambda avec son masque social, loin du modèle photo, du pornographe amateur ou du personnage de nouvelles et dessins explicites pour adultes a(in)vertis.

Un petit minou

Le petit minou est tout mignon. La vingtaine, un corps de danseur, une sourire éclatant sur une bouille typée ibérique. Son cul est rond, ferme et moulé. Tant mieux car c'est son outil de travail. Sur son profil à l'oiseau bleu, il enchaîne les sodomies profondes et rythmées aux chibres conséquents tout comme aux jouets d'usage pour se garder l'oeillet souple. 
Le garçon se fait enculer avec un sourire radieux, les gros plans sont magnifiques.
Bien qu'il ne soit pas au demeurant mon style et que sa pratique relève plus du professionnel que de l'amateurisme éclairé (ce que je fais moi), je suis sensible à son profil parce qu'il met en avant un élément qui me parle: le sexe heureux, la passivité assumée et fière. Le minou est pourtant bien pourvu mais c'est du cul qu'il jouit et il en est gourmand. J'espère pour lui que ses partenaires de jeux et de travail sauront toujours le respecter comme il se doit car dans le milieu du sexe homo et du X en particulier, on sait que les valeurs humaines sont souvent à géométrie variable.

Culture du viol

Longue discussion avec un ami. Il me révèle qu'il a été victime d'un viol qui ne disait pas son nom, il y a quelques années à peine. Un homme mur de ses connaissances de réseaux et de réalité avec qui, pourtant, il avait une relation saine et constructive. Lors d'un week-end de retrouvailles, l'ami se retrouve enfilé jusqu'à la garde sans aucune préparation physique, brutalement,  entre deux portes. Une proie. Au choc moral s'ajoutent des séquelles anales qu'on peut aisément imaginer.
C'est un viol oui, mais il a encore du mal à poser le terme sur cet acte et il est passé par toutes les phases qu'expérimentent les victimes. Il doit faire lui-même son chemin vers la résilience mais cette histoire, courte et brutale, rappelle combien notre milieu peut-être hostile à ses propres membres, combien nous avons un problème avec la sexualité. 
Ce problème remonte à l'éducation que les garçons reçoivent dans une société encore patriarcale. Bien qu'homos, beaucoup reproduisent le schéma du chasseur, de la capture, de la possession. La notion de consentement reste floue, brouillée par des habitudes sexuelles souvent constituées d'expédients (les applis de baise, les labyrinthes, les fourrés enchantés, les "plans"...). Pourquoi ne pas défoncer le petit cul qui furète dans le noir d'une cave? Après-tout, n'est-il pas là pour ça?
Justement non. Il cherche peut-être autre chose. S'encanailler, se faire pénétrer certes, mais après les précautions d'usage. S'emparer ne veut pas dire casser, blesser. Il faut pour ça être sûr de ce que l'autre désire vraiment et le travail est énorme.
Trop de gays ont une sexualité destructrice d'eux-mêmes et des autres. Une sexualité de compétiteurs, excluante, ségrégationniste même. Une sexualité de consommateurs désespérés de devoir vieillir un jour, ne plus bander sur commande... C'est effrayant de lire tout ce qui peut s'échanger ici et là, tous les traumatismes vécus, tous les complexes nés d'une violence en matière de rapports intimes.
Cela fait partie des choses que nous devons réformer individuellement et collectivement afin de tenter de vivre mieux. Le sexe doit rester positif, constructif, gourmand voire même amoureux et sentimental (ça n'est pas un gros mot). Un champ d'expression et d'explorations partagé avec des partenaires consentants, formés et volontaires. Il n'y a pas d'autre alternative.

vendredi 13 août 2021

Le respect au préalable.

"Lope", "salope", "trou à jus", "veau" (sic!) etc. L'individu n'a plus de nom, pas même un pseudo: il est réifié et simplifié à son rôle d'outil sexuel.
Certains adorent ça et le revendiquent même au fil de leurs publications. Si on cherche plus loin sur les mêmes profils, on trouve aussi parfois quelques lignes pleines de désespoir sur le fait de ne pas trouver le prince charmant, sur la solitude, le rejet...

Un passage matinal sur mon compte Twitter me montre à quel point ce qui détruit les homos mâles c'est le manque de respect que beaucoup ont vis à vis des autres et, finalement, d'eux-mêmes.
Sous prétexte d'utiliser une zone de liberté dans laquelle l'anonymat est possible, même si on peut s'y exhiber comme rarement ailleurs, on déverse le pire, on s'y lâche.
"Vieux", "gros", "petite bite" versus "étalon", "doseur", "beau gosse"... C'est une litanie de qualificatifs réducteurs, de partouzes, de coups d'une heure avec bilan sérologique à la clé.
Le côté obscur du Rainbow alors que le sexe pourrait être si beau, si constructif, si fraternel sans pour autant tomber dans la naïveté.

Avec mes tweets "sympa", mes réflexions gourmandes sur le cul en 240 caractères, mes photos plantureuses, je me fais l'effet d'un ethnologue en territoire hostile dans cette sphère à l'Oiseau Bleu. On y trouve pourtant pléthore pour contenter ses sens et ses fantasmes, toujours dans le virtuel, certes, mais c'est déjà ça.
Ce qui est terrible, c'est ce constat de terrain que rien ne change dans l'univers gay (je ne parle pas du lesbien ou du trans que je connais très mal): on s'y comporte mal, en prédateur, et égoïste esclave des pulsions. On y traite mal les gens, on s'y défoule, on classe, on rejette et on se rachète ponctuellement une vertu en militant sans bouger de son canapé.
Comme si le respect empêchait le plaisir. Comme si une certaine bienveillance nuisait à l'intensité du sexe à deux ou à plusieurs.

Dans une période où la société demande des comptes à ceux qui ne respectent pas les femmes, les cultures, les origines avec des mots-clés comme "metoo", "blacklivesmatter" etc, comment peut-on encore autant se déconsidérer dans la même "communauté"?
Même en plein délire des sens, même en plein fantasme, quand il prend forme sur un réseau social, on ne peut pas tout faire, on ne peut pas tout dire.
Parce que se pose toujours le problème du consentement continu et régulier de l'autre d'une part et que, d'autre part, l'Homme droit possède des valeurs fondatrices qu'il ne peut renier. L'autre n'est pas une chose, jamais, même s'il le demande dans un moment de grande excitation.
Nous ne parviendrons jamais à imposer le respect au monde hétéronormé vis-à-vis de ce que nous sommes si nous ne sommes pas capables, à titre individuel et collectif d'en faire un préalable dans les relations que nous développons entre nous.