De l'autre côté du mur...

Les images érotiques sont de puissants excitants, bien sûr. Un film X réveille les pulsions, fait facilement pointer la bête hors de sa tanière. Ces stimuli jouent sur les sens immédiatement accessibles, sur le corps, sur l'aspect mécanique.

Il en est pourtant d'autres plus fugaces, plus discrets, moins frontaux qui constituent de redoutables bombes à retardement dont l'explosion cérébrale pulvérise toute volonté et toute raison. Des messages traduits par les neurones qui font monter le flot grondant des hormones. Impossible de résister au besoin de se déshabiller, de glisser ses mains sur les zones les plus érogènes, de se livrer à un pur moment d'onanisme puissant et décomplexé.

J'ai vécu ces épisodes quelques fois à la faveur du hasard: d'une chambre mal isolée à la cloison trop fine, quand je suis de passage d'un côté dans un lit d'ami et que mes hôtes sont de l'autre. Quand, au milieu de la nuit ou sur le petit matin, des souffles rauques ponctués de gémissements me tirent du sommeil, que le délicieux génie (ou démon?) de la sensualité me titille en me disant "écoute, tends l'oreille!"...

De l'autre côté de ce putain de mur de carton il y a deux hommes qui s'aiment. Leurs corps vibrent sous les caresses dont je perçois le froissement, les baisers humides aux clapotis de langues s'enchaînent... Ils savent bien que je suis derrière la cloison et peut-être sentent-ils que je ne dors plus. Je me plais à imaginer que ce sentiment décuple leur envie de sexe...
Ils finissent par se donner un plaisir de moins en moins étouffé. Pines tendues et léchées, bruits de succion goulue, burnes happées à la façon de gros bonbons. Les sons traduisent dans ma tête des images aussi sûrement que le ferait une vidéo explicite et je deviens dingue. Dingue de désir. Mon coeur bat plus fort.
Oui les garçons, allez-y! Aimez-vous, baisez comme des brutes et comme des dieux, tout à la fois. Faites exploser cette virilité que vous domptez si bien au quotidien, fait jaillir la vie, la création permanente des choses!

Je ne désire même pas me joindre à eux, pousser une porte et regarder comme le mateur que j'adore être. Non, je veux continuer à traduire les sons, à les photographier. A garder cette distance respectueuse comme on se tient à un pas d'une oeuvre d'art.
Les râles que je perçois maintenant, ponctués de coups mats ne trompent pas: le beau cul d'un des ours doit être profondément investi par la queue nue et gonflée de son maître. Pine, défonce, encule en profondeur, fais-le gueuler. Dans ma bouche, j'ai ce goût si enivrant qui mêle la sueur du membre au parfum de la muqueuse anale qu'il masse. Relent de foutre, divin nectar.
Pine-le encore.

Il y a des bruits sourds et des cliquetis: tout le mobilier bouge en cadence pour encourager les deux mâles à se dépasser. De l'autre côté du mur, enfoncé dans mes couettes largement ouvertes, mon corps nu ruisselle de la sueur du désir. Bien sûr que je me branle depuis déjà un bon moment et je sais qu'ils doivent bien s'en douter vu le raffut qu'ils font.

Tout le plaisir cérébral qu'ils me procurent, je dois le partager à mon tour... Alors je laisse filer des gémissements, des morceaux de phrases glissant contre le mur. Il y a des mots très crus, des encouragements aussi. Ils les perçoivent peut-être, étouffés, comme venus d'ailleurs. Peut-être contribuent-ils à la surchauffe de leurs sens et de leur désir l'un pour l'autre?
Ces deux gars s'aiment comme des fous et le sexe total qu'il font n'est qu'un des aspects de cet amour-confiance qu'ils se portent mutuellement.

La séance de pinage se prolonge et dure, les positions doivent varier à l'écoute du grincement du lit. Dans ma tête, j'essaye de les imaginer et ça n'est pas bien compliqué. Des vagues de chaleur successives me parcourent comme le courant marin autour d'une île tropicale. Avec les couchers de soleil et quelques autres choses, voir eux hommes se livrer à une belle et virile sodomie, leurs bouches avides de baisers, fait partie des plus beaux instants de l'existence...
Je suis terriblement excité et je retiens le flot de ma semence. Mon corps m'échappe en fait, mon cerveau bouillonne de façon désordonnée, mêlant à ses pulsions des bribes de chansons, des éclats de parfums: je surchauffe.

L'explosion que j'attends de l'autre côté finit par arriver. Les garçons ont dû comprendre que je ne manquais rien du fabuleux spectacle auditif: ils sont encore plus expressifs et ne se retiennent plus. Je visualise un beau cul poilu maculé de foutre libérant la queue encore bien raide qui a commencé à dégorger au fond de sa douce chaleur. Ca grogne, ça râle et, à nouveau, des bruits de succion d'une langue alerte autour du gland tout couvert de sperme. L'ours passif n'a pas dû encore lâcher son jus.
Alors pas de faux semblants, ni de fausse pudeur: je veux décharger ici et maintenant et le faire savoir. Deux longs traits épais surgissent de ma pine tendue à l'extrême et je souffle, je me tords de spasmes, je gueule à mon tour des mots incohérents, des trucs forts, expressifs. Ma main libre étale le jus de mes burnes sur mon pubis puis plus haut sur le ventre. C'est un sperme particulièrement épais, collant et odorant. Rendu si généreux par la puissance de l'excitation. De l'autre côté, l'ours largue son tour la sauce et j'entends distinctement au milieu de ses râles à peine contenus un "putain! Encore! Lâche tout!"...

Les mâles sont ainsi configurés physiologiquement qu'après l'orgasme, c'est la fatigue qui s'abat sur eux. Je n'y échappe pas, comme mes hôtes. On aurait pu gratter chacun de son côté du mur pour se manifester et dire "c'était très bien, j'ai beaucoup aimé" comme on commenterait un spectacle, mais personne ne le fit. Sans doute pour ne pas briser ce moment magique et improbable, pour qu'il intègre le tiroir des souvenirs, intact et encore plein de ses émotions. initiales Sans doute par pudeur aussi. Parce que c'est finalement ça la vraie pudeur: une certaine forme d'élégance.
Le sommeil a repris ses droits et, au petit déjeuner, tout apparut pareil, que la veille, sauf peut-être un supplément de complicité nettement perceptible...

Season Greetings...

On peut être un Ours qui communique beaucoup sur les plaisirs du corps et sur une sexualité débridée (pas forcément galopante d'ailleurs!) et rester sensible à des choses plus traditionnelles. Ainsi j'ai toujours beaucoup aimé les fêtes de fin d'année, même si elles annoncent une période plus triste d'hiver et de reprise d'activités après un temps réservé aux préparatifs...Ce changement de saison si brillamment inauguré est aussi l'occasion de faire de nouvelles connaissances ou de retrouver des personnes qu'on apprécie et de partager des moments de plaisirs intenses, du corps ou de l'esprit, voire des deux.
Quand on finit une année pas toujours évidente dans la sensualité, on ne peut que commencer la suivante sous de meilleurs auspices!

Sperm addict ?

Une question arrivée du fin fond de la Toile, à la façon d'un avion de papier envoyé du mur obscur de la classe me pose cette question: "Ey, Van Orso! Tu parles beaucoup de sperme, tu l'évoques souvent dans tes histoires. Tu ne serais pas fétichiste du jus d'homme?"

Excellent sujet à traiter ici dans l'espace de ce blog, après y avoir fait, entre autres petites choses, l'éloge de la sodomie!

Fétichiste, assurément pas car le sperme en lui même, en tant que "matière" ne m'attire pas spécialement. En revanche oui, en effet, j'entretiens avec la liqueur virile -que je nomme souvent "nectar" à la façon de la potion d'immortalité des dieux de l'Olympe- une relation très étroite, privilégiée même.

Car le foutre (autre petit mot merveilleusement évocateur) ne peut se concevoir sans son donneur dont il est l'essence même. En d'autres termes, il concentre tout ce que l'homme, le mâle, a de meilleur en lui, ou de potentiellement meilleur: son patrimoine génétique pour le scientifique ou, plus poétiquement pour les rêveurs, les éléments constitutifs de son être profond.
Quand un garçon éjacule et largue son jus en traits plus ou moins denses, plus ou moins visqueux et abondants, il donne ce qui est au fond de lui, sans tricher, sans mentir...Quand bien même sa bouche travestirait le fond de sa pensée. La vision d'une queue tendue déchargeant la semence longuement préparée dans le secret des burnes constitue un moment de pure beauté brute et sauvage.
Je n'ai jamais pu me résoudre à voir disparaitre ce trésor liquide dans les replis d'un mouchoir en papier. Aussi, avec mes partenaires, j'ai toujours mis un point d'honneur à honorer leur semence. Pour les plus proches et intimes d'entre eux, en la laissant couler au fond de ma gorge ou dans la chaude intimité de mon petit oeillet dilaté par le plaisir et, pour les autres, en lui permettant de nourrir mon abondant pelage.
Quand mon poil dégage un parfum musqué de sperme, c'est aussi puissant qu'un aphrodisiaque, aussi mystique qu'un encens. Rien de malsain là dedans, juste le fait d'honorer le ou les mâles qui jouissent de moi, de nous reconnaître mutuellement dans cette virilité qui nous construit jour après jour.
Alors, il est vrai que ce penchant pour le sperme est très présent, notamment dans ce que je conte de mes aventures comme il est aussi vrai que les temps modernes nous poussent à la vigilance.

Le foutre, et c'est un drame, peut aussi devenir un poison. La Nature généreuse et aussi d'une incroyable et injuste cruauté quand elle fait de la liqueur de vie un élément toxique.
In cauda venenum, dans le queue le venin, indique le dicton...
Il faut le savoir, le dire et le répéter. Mais il convient également de montrer que le sperme est avant tout plaisir et délice à partager.

Je répands le jus de mes couilles comme je me nourris, au sens propre et figuré, de celui de mes mecs et ce faisant, je m'enrichis d'eux, de leur masculinité et de leur humanité.

Publié

Mes aventures dans l'Est ont fini par faire l'objet d'un livre, un vrai, de poche, comme il faut et j'en suis plus que content étant à la fois l'instigateur et le principal héros de cette histoire. Ciel, mon égo!
Mais lisez plutôt et vous comprendrez...

Van Orso & l'Ours de l'Est

"Je te vois, ça te fait quoi?"

Tu as le bras robuste et l'avant bras poilu. Je vois tes mains se frotter l'une contre l'autre, se lover l'une dans l'autre. Elles ponctuent l'histoire que tu racontes avec cette voix grave qui m'interpelle dès qu'elle parvient à mon oreille.
Ta montre d'argent est large, tout comme toi. De cette épaisseur rassurante et gourmande qui fait les beaux bestiaux à la sensualité débordante.

Je t'ai déjà croisé, frôlé même dans ce qui ressemblait bien à une cohue légère. J'ai une tête de plus que toi mais tu ne m'as pas remarqué. C'était il y a longtemps...
Depuis, nous nous sommes rencontrés d'une certaine manière grâce à ces nouvelles technologies qui nous échappent une fois sur deux. Quand je pense à toi, tu es toujours environné d'une part de mystère qui vient de ton métier et du monde dans lequel tu vis. J'imagine qu'il est très éloigné du mien. Ta sphère a l'air brillant, la mienne ici l'est moins mais je m'applique à la transformer pour en sortir. A la transformer de manière juste et durable... Eh oui, je ne suis pas qu'un ours pornographique. Même si...

Là, je voudrais passer ma main sur te tétons qui pointent puis les lécher doucement comme je lècherais aussi ta belle bouche. J'ai le baiser long, gourmand et gouleyant, comme un bon vin. je te laisse imaginer la suite en écrivant juste qu'il faut la concevoir sans retenue aucune mais avec toujours ce mélange savant de tendresse et de bestialité. Après tout, c'est bien cette alchimie pleinement assumée qui fait de nous des hommes.

Jamais sans mon gode?

J'avais envoyé en fin d'année dernière ce petite texte au journal Têtu qui lançait un appel à témoins sur ce thème. Quelques jours après, un journaliste m'avait contacté me disant que ce témoignage l'intéressait. Il me demandait si j'acceptais de me faire photographier pour en illustrer des passage... Je lui répondis alors que Van Orso était à la fois bien réel et tout à fait imaginaire et qu'il n'était, en tout cas, pas photographiable dans n'importe quelle circonstance. Il n'y eut, évidemment, jamais de suite. Mais quelle importance après tout? Je crois simplement que le magazine s'est privé d'un témoignage original qui aurait sûrement donné à sourire... Le voici.




"Jamais sans mon gode?" Peut-être pas jusque là dans l'addiction, mais je dois bien avouer que ce jouet a pris une place tout à fait honorable dans ma vie sexuelle.
Il est habituel de parler d'un gode comme d'un substitut avec l'idée qu'il pallierait un manque, une absence. Ca n'est pas ainsi que je considère la chose. A la fois partenaire des plaisirs et bel objet, je n'ai pas remisé les miens au fond d'un tiroir, que nenni!

Permettez-moi tout d'abord de vous les présenter. Ils sont au nombre de quatre. J'ai reçu le premier un peu par hasard, à l'occasion de soldes amusants, comme une plaisanterie de potaches. Un gros calibre couleur chair à la texture presque huileuse. Avec un gland un peu trop volumineux pour être tout à fait honnête, il avait cette odeur (et ce goût!) de Made in China fait à la chaîne. Mais qu'importe, j'ai vite fini par l'adopter parce qu'il investissait bien mon intimité. J'ai pu réaliser certaines de mes premières photos tout à fait hot avec lui.

Le second, surnommé "Robert", allez savoir pourquoi!, m'a été offert. Robert reproduit une splendide pine d'athlète noir comme on peut les fantasmer parfois de façon coupable, légèrement arquée, au gland plus crédible et d'une teinte plus claire. Du gode de compétition en quelque sorte avec un haut pouvoir de défonçage. Tout à fait ce qu'il me faut. Sa forme m'oblige à l'utiliser sous un angle particulier pour garantir un taux de pénétration -et donc d'efficacité- maximal. Ventousé sur la commode de ma salle de bain ou sur le rebord de ma baignoire, environné de savons, ils se penche légèrement comme le roseau de la fable de la Fontaine et donne l'envie irrépressible de l'enduire et de le caresser.

Il y a une année environ, j'ai fait l'acquisition du troisième et du quatrième de mes compagnons de jeux. Aussi dissemblables l'un que l'autre, sortes de Laurel et Hardy du moulage, ils sont toutefois redoutables dans le plaisir.
Le plus gros a été coulé dans une matière transparente et douce. De ces textures dont l'industrie du sex-toy raffole aujourd'hui. Au premier abord, il m'a fait pensé au célèbre "realistic" Kris Lord qui avait fait le succès des produits dérivés de chez Falcon. Je pense d'ailleurs qu'ils sont cousins, à défaut d'être frères. Son volume et son poids lui permettent de tenir très facilement posé sur une surface plane. Il ne jure pas dans ma collection. Du point de vue de l'utilisation, j'avoue le réserver pour les grandes occasions car il présente un calibre hors normes pour un oeillet anal normal, même formé aux délices des pénétrations viriles. Difficile donc de le prendre au débotté.
Toutefois, il m'arrive de m'en titiller la rondelle, accroupi au fond de ma baignoire lorsque l'eau chaude coule sur mon poil abondant. Le savon dont son gland presque plat est enduit lui permet alors de s'enfoncer de quelques centimètres en moi et en toute simplicité.

Son opposé serait plus à rapprocher d'un "agace-cul" que d'un gode véritable. Ou alors, il faudrait parler de substitut pour jeune fille. D'une vingtaine de centimètres de long, il n'excède par les trois de large, autant dire qu'il pourrait passer inaperçu si son gabarit n'était pas aussi passe-partout.
Car avec lui, en effet, nul besoin de préparation. Un zeste de salive, une goutte d'huile d'olive chipée en cuisine et hop, le voila entré.
Je me le réserve pour les petits quickies qui me surprennent ici est là: le matin au réveil quand je ne suis pas agréablement accompagné ou sur le sofa devant la télévision... L'autre soir, je regardais un débat politique fort intéressant tout en m'astiquant "le boyau du cul de façon mirifique" comme l'écrivait déjà Rabelais. Et c'était en effet délicieux.

Il en va donc des godes comme des chibres de gaillards: point n'est besoin d'un calibre énorme pour procurer de la jouissance. Tout l'art est dans la façon de l'utiliser.
Mes godes ne sont pas, chez moi, chasse gardée. J'apprécie beaucoup de pouvoir faire partager leurs spécificités techniques à mes partenaires. Les Ours sont des gourmands de sensualité par nature. Ils ne rechignent pas à ces jeux coquins mais terriblement virils. D'ailleurs, je crois que leurs grognements de contentement en disent long sur leur humeur du moment lorsque leur intimité totalement offerte me livre toute sa beauté.

Je ne suis pas loin de penser qu'il faudrait offrir aux jeunes gars prometteurs qui deviennent officiellement majeurs aux yeux de la loi, un joli coffret contenant un gode et un cockring pour leur souhaiter la bienvenue dans le monde des hommes et de leurs plaisirs.
Un rituel de passage modernisé en somme.

Van Orso "

Je suis un mec de l'écrit...

Quand je ne peux pas toucher en vrai, que mes mains ne peuvent se poser sur une peau de mec, sur une virile fourrure, alors ils courent sur le clavier. Et chaque touche qui s'enfonce libère un peu de cette pulsion d'Eros qui est en moi et qui m'assaille à cet instant précis.

La petite vidéo de toi reçue en surprise ce jour n'est certes qu'un clip fugace, mais il repasse dans ma tête comme tourne de table en table la pipe remplie d'un opium agréable qui n'aurait, en fin de compte, qu'un effet bénéfique.
Toi, tu ne dois pas t'en douter. Tu t'es fait plaisir et tu m'as fait plaisir. C'est déjà bien.
Tu te branles en numérique, tu exhibes ta queue fière et virile qui prolonge en pointe ta belle masse d'ours.

J'écris parce que je n'ai ici et maintenant qu'une envie: l'envie de toi, de faire l'amour avec toi de manière totalement impudique, désinhibée. Engouffrer ce sexe jusqu'au fond de ma gorge pour te faire monter jusqu'à l'orgasme et m'arrêter juste à temps afin que ton jus de mâle tourne encore un peu dans tes burnes rasées et qu'il s'enrichisse encore, qu'il s'épaississe.

Ton corps entier est un appel aux caresses et au pétrissage. Je vois poindre tes tétons, j'ai envie de me ruer dessus, de les faire rouler sous mes doigts tout en bloquant tes robustes bras pour t'empêcher de résister. Ma langue n'attend qu'un signe pour se poser sur toi et te lécher, partir du bas et remonter jusqu'à ton visage plein et barbu, extrêmement masculin. Un visage que je vais honorer par des baisers gourmands et profonds.

Un ours ça se baise, oui, ça se pompe jusqu'à la dernière goutte de foutre mais surtout, ça s'embrasse. Avec toute la force et toute la fougue d'un affamé, toute le douceur d'un sentimental invétéré. Un duel de langues et de lèvres, un baiser sans fin pour honorer ta beauté virile.
Alors c'est vrai que j'imagine aussi des chevauchées puissantes, des râles profonds, la force de ta carrure vibrant à chaque coup de boutoir que tu me fais subir. C'est vrai que je te vois enchaîné à mes désirs, totalement offert et dompté, et toutes ces images se télescopent pour donner naissance à un Big-Bang de sexe et de sens...

C'est vrai mais ce qui est à mes yeux le plus fondamental, c'est le plaisir intense que me procure ton contact. Même de loin, même si, vu d'ici, il a un côté fantasmatique et que ma méfiance naturelle me pousse toujours un peu à la vigilance.
Ta vidéo repasse encore, les quelques phrases échangées aussi. Je me suis agenouillé devant toi bien installé dans un fauteuil. Je viens de butiner ton petit trou humide, j'ai encore sur la langue le goût musqué des poils qui le bordent. Maintenant je te suce, je joue avec ta hampe, avec ton gland épanoui. Cette fois-ci, je n'arrêterai pas et tu libéreras ta liqueur de mâle que je verrai maculer ta pine ainsi que ton pelage. Tout ce foutre sera mien, je m'en nourrirai sans aucune retenue, il inondera mes papilles et ma gorge parce que tu es pour moi un gaillard splendide et que tu le vaux bien!

Je suis un mec de l'écrit et je ne triche pas. Ce que je mets en mots annonce, comme un prélude, ce qui sera un jour...

Faire du X autrement...


Il en va de la production X gay internationale comme du reste: les grands studios américains écrasent tous les autres. Parce qu'ils sont conçus comme de vraies machines "de guerre" avec de gros moyens techniques et financiers, des castings de rêve, des prouesses physiques dignes de créatures de laboratoire. Parce qu'ils bénéficient également d'une couverture médiatique importante bien qu'elle demeure cantonnée au cadre gay. Ce porno à l'américaine, pour efficace et jouissif qu'il soit, éclipse quasiment tout ce qui se fait par ailleurs. En Europe toutefois, il existe quelques "petits Poucets" qui n'ont rien à envier à cette industrie du X et qui profitent d'une reconnaissance et d'une notoriété bien réelles. En réalité, ils utilisent les mêmes recettes qu'outre atlantique.


En définitive, dans tout ce porno-là, il manque quelque chose. Peut-être un lien au réel, bien que ce ne soit pas par nature l'objectif du X que de coller à la réalité, étant basé sur l' exploitation des fantasmes. Quelque chose qui sortirait d'un ordinaire trop parfait, trop lisse et bien huilé à l'image des corps des hardeurs remarquablement musclés et balancés.


Dans toutes les réalisations de ces grands studios réunis, il est vrai, se trouvent également des merveilles en terme de sensualité, de cadre, de technique cinématographique, ce qui plaide en la faveur de l'idée -que je défends- qu'on peut faire du X et chercher l'esthétique. Mais je persiste à dire qu'on passe à côté de quelque chose en n'y intégrant pas une dimension plus réaliste, plus accessible en somme.


Aux Etats-Unis, la production X Bear tend parfois vers cette idée, parce que les acteurs sont souvent plus mûrs et hors des standards des canons à la mode. Elle pêche toutefois par la réalisation pas assez soignée et par son communautarisme: des films d'Ours pour des Ours. Comment montrer une alternative et proposer d'élargir le champ de curiosité si on se cantonne à un seul public dans un marché déjà réduit?

En Europe il n'y a pas grand chose à part quelques tentatives ponctuelles qui souffrent souvent des mêmes limites.

On dirait que le porno fonctionne à deux vitesses: celui des icônes formatées sur des modèles de perfection plastique qui ont intégré de grandes écuries brillantes et cousues de dollars et celui des pauvresses qui, à défaut d'être physiquement des bombes, se rabattent sur de la série B.

Loin de moi l'idée de manquer de respect à ceux qui derrière les caméras essayent de proposer du sexe différent, plus réel, plus tangible, je veux juste dire que si nous n'apportons pas notre pierre à l'édifice, les choses n'évolueront pas.

Dans le domaine du X, il reste des aspect entiers à mettre en valeur: celui de la sensualité par exemple ou encore celui du mélange des genres. Pourquoi ne pas faire des films où les scènes mélangeraient des gabarits différents tout comme des ambiances et des cadres originaux?


Alors que l'accès à la vidéo porno professionnelle dans les pays civilisés (c'est à dire ceux qui respectent quelques droits fondamentaux de l'être humain) a été grandement facilité en dépit de tentations archaïsantes et bien-pensantes, on a vu se multiplier la mise en ligne d'un sexe résolument amateur et décomplexé. Et ça marche! Certains clips sur Xtube sont plus excitants encore, plus efficace que le contenu d'un DVD, leur fréquentation en témoigne. Alors, les psychologues nous diront que cela procède de la frénésie du moment qui consiste à se mettre en scène pour avoir son heure de gloire... Soit! Mais si, en matière de cul, cela signifiait aussi que les gens ont envie d'explorer de nouvelles pistes? De se faire plaisir, sachant que ce qu'ils montent est apprécié?

C'est en tout cas ma propre démarche.


Il faudrait trouver le bon équilibre entre la fraîcheur de l'amateurisme et le professionnalisme de la réalisation d'un produit qui soit à la fois produit et oeuvre.

De la même façon que je l'avais écris quand je critiquais l'opposition que l'on fait entre safe sex et barebacking, je dis qu'il doit être possible de parvenir à cet équilibre en faisant ressortir ce que chaque acteur d'une scène à de meilleur en lui (une attitude, une réaction, une spécificité physique ou physiologique).

J'aimerais que nous autres, Ours de France et d'Europe, nous proposions cette alternative, que nous fassions du X autrement en mettant en commun les envies et les compétences.

Tout en la matière n'a pas été exploré et il demeure des vides, des zones qui ne sont pas (encore) polluées par des logiques commerciales et mécaniques. Alors parlons-en et jetons-nous à l'eau!


La bonne fée et les rugbymen

Je suis né loin d'ici, au bord de l'Atlantique, sous des vents qu'on nomme alizés.
C'est un médecin libanais qui m'a fait sortir du ventre maternel dans une clinique plus ou moins militaire.
Au dessus de mon berceau, je crois bien avoir eu la visite, une nuit -c'est toujours mieux la nuit- d'une bonne Fée. Elle était accompagnée par deux rugbymen. De ceux qu'on voyait encore dans les seventies avec grosses moustaches, cheveux en bataille et rouflaquettes. Elle s'est penchée sur moi et a posé un ours en peluche à côté du coussin moelleux sur lequel le gros rôti que j'étais reposait. Les deux gaillards, un peu magiciens (à moins que ce ne fut encore un tour de la fée) m'ont aussi fait chacun un cadeau. Un présent qui n'apparaîtrait que plus tard.
Le premier m'a donné le goût des mecs virils et un sens aigu de la sensualité, le second, le pouvoir de faire jouir avec ma bouche et mon cul.
Je crois que la Fée, satisfaite du résultat a alors ajouté sa petite touche personnelle en m'offrant le pouvoir de mettre en mots les pulsions de mon coeur.

Et tous trois, avant de disparaître, ont du prononcer ces paroles prophétiques: "de la liqueur des hommes tu te nourriras et tu tireras ta force".

**

I was born so far from here. At the edge of the Atlantic Ocean, under winds named "alizés" in French language.
It's a Lebanese Doctor who made me go out of the maternal matrix in a military private hospital.
Above my cradle, I think I had the visit, one night -it is still better at night- of a good Fairy. She was accompanied by two strong rugbyplayers. Of those whom we still saw in Seventies with big mustaches and messy hair. She bent over me and put a cuddly Teddybear next to the soft pillow on wich I was rested. The both strapping lads, a little magicians too, also made me each a present. A present wich would appear only later.
The first one gave me the taste of virile guys and sharp sense of the sensualism, the second, the power to make enjoy with my mouth and my asshole.

I believe that the Fairy, satisfied, added her small personal touch by offering me the power to put in words the drives of my heart.

And all three, before disappearing, pronounced these prophetic words: "with men liquor you will feed and you will pull you strengh."


Tirer les Rois

Je fréquente de plus en plus régulièrement mon compte Twitter. C'est un monde à part entière ave ses codes et son instantanéité encore plus éphémère qu'ailleurs sur le Net. Je m'y promène un peu comme un botaniste curieux. Comme j'y publie pas mal de petits messages qui finissent par constituer des ensembles plus construits, je trouve dommage de ne pas en faire profiter ceux qui me font le plaisir et l'honneur de passer par mon blog.
La nouveauté de 2011 tient dans le fait que j'essaye d'alterner les notes dans ma belle langue avec d'autres en anglais et en espagnol. Excellent exercice qui allie l'utile à l'agréable.

"Les Rois mages. Sages, très sages. Orientaux jouisseurs. Je les imagine mûrs, baraqués sous les brocards avec cette sensualité innée dans le geste et l'attitude. Sensualité toujours au bord du débordement. Ils n'ont pas besoin de briller de mille pierreries ces trois mages-là, leur seule stature impose le respect. Ils dégagent une impressionnante beauté bestiale et synthétisent à eux trois la quintessence de la création. Je lèche leurs pines turgescentes, elles sont épaisses et veinées. Ils m'enculent à tour de rôle, naturellement et en puissance. Ils me prennent comme on donne de soi. Il savent que c'est libre que je me suis offert à eux pour honorer leur force et leur savoir. Chaque coup de reins me rend plus viril encore et plus fier de ce que je suis, de ma nature profonde.
Ils n'ont pas d'or, pas de myrrhe, pas d'encens. Nul besoin. Juste leur sperme. Toute leur sagesse et leur virilité est contenue dans ce nectar dont ils me marquent.
Je sais que je suis un iconoclaste. J'assume: iconoclaste et pédé, fondamentalement."

Bilan et perspectives


L'année qui s'achève n'aura pas vu un grand mouvement dans les pages de ce blog.
Cela n'est pas une mauvaise chose en soi car, ce qui était au départ conçu comme un simple espace de publication de récits et de photos, est devenu, de plus en plus, partie constitutive d'un ensemble plus important qui intègre désormais Twitter (compte ouvert l'été dernier) ainsi que les sites consacrés à HQB.

La découverte des imprimeurs-éditeurs en ligne qui me donnent la possibilité de concrétiser sur papier les histoires que j'ai déjà pu en partie publier ici, va modifier le contenu de ces pages.
Dès 2011 et au fil des publications, elles proposeront les synopsis de ces histoires ainsi que les liens pour les acquérir en ligne. Je continuerai toutefois à laisser ici un certain nombre de textes, de réflexions centrées sur la production érotico-pornographique bear ainsi que des photos, voire des liens vidéos.

"Van Orso" qui n'était au départ qu'un autre pseudonyme créé pour un besoin ponctuel s'ancre lui aussi dans la durée et prend davantage chair...et poils!
Qaherabear est Van Orso comme Van Orso est Qaherabear. Impossible de les dissocier car le second procède du premier.
Encore plus maintenant alors que je travaille sur le premier "récit papier" dont il est le héros et qui contera l'une de ses aventures aussi chaude que sensuelle.

En 2011, je souhaiterais passer à la vitesse supérieure en terme d'érotico-pornographie. Soit en réalisant moi-mêmes de nouveaux clips davantage travaillés que les petits solos bricolés jusqu'ici ou en participant à des projets tiers.
Je souhaite simplement définir les grands contours du cadre dans lequel il me semble que cela serait possible et viable.
Une note suivra, d'ailleurs, qui concernera plus spécifiquement la vision de la pornographie virile par Van Orso.

En attendant, et à tous ceux, réguliers ou de passage, qui me font le plaisir de lire ces notes, je souhaite de bien terminer l'année afin de commencer la suivante sous les meilleurs auspices sensuels, sexuels et débridés.

Les Enseignements (I)

Première compilation des diverses réflexions publiées sur mon compte Tweeter à la façon d'enseignements ces dernières semaines. Pour une sexualité positive, humaniste et débridée.


Tu ne sauras jamais ce que c'est qu'être un mec tant que tu n'auras pas offert ton cul aux assauts d'une queue. Soumets-toi, accepte-là en toi et jouis.
***
Baiser est fondamentalement bon. Ceux qui disent le contraire ne comprennent rien à la vie. Entre hommes, c'est la quintessence du plaisir.
***
Le sexe est meilleur quand il se partage. Ne refuse pas le plaisir à plusieurs dans le respect de chacun et de toi-même. Prends ce qui t'est donné et offre-toi totalement.
***
Ne conçois aucune honte ni aucun complexe à aimer et désirer des mâles. Il n'y a qu'avec eux que tu pourras t'épanouir. Eux seuls sauront t'apporter les éléments nécessaires à la construction de ton identité masculine.
***
La sodomie t'apprend l'humilité en même temps que le plaisir. Elle te donne d'être dompté sans renoncer à ta virilité. Quand tu es investi par un autre mâle au plus profond de toi tu prends la réelle mesure de ce qu'est ta propre masculinité.
***
Traite la semence de tes mâles avec le plus grands des respects. Prends-là en toi si tu le peux, ou répands-la sur toi.
***
Ne mets que deux bornes à tes désirs de sexe: le respect de l'autre et celui de ton intégrité. Entre ces bornes, jouis et honore la vie.
***
Le sexe entre hommes ne doit être associé ni à la tristesse ni à la mort. Il n'existe nulle malédiction fondamentale sur ses pratiques. Elles nous mettent juste face à nos responsabilités.

Tweets!

Van Orso sur Tweeter, c'est aussi possible... Avec des notes courtes, certes, mais toujours aussi chaudes et instantanées ;-)
ICI

"Muse pwalue"


Le jour où, dans un échange de message, il m'écrivit cette formule, je me souviens être parti d'un grand éclat de rire. Une lettre qui change et qui rapproche le mot de sa prononciation en phonétique et tout est différent. Le poil prend une autre dimension, une dimension drôlatique et affectueuse.
Et puis, il y a la muse... Il fallait oser l'image un rien iconoclaste dans un sourire malicieux et énigmatique. Taj l'a fait.

J'ai voulu ici publier quelques éléments de la série des dessins qu'il a crayonnés de moi en diverses occasions, comme un clin d'oeil (toujours flatteur et positif) à notre amitié, à notre relation de confiance qui dure dans le temps.
Je fus et j'
espère être encore sa "muse pwalue" au travers de mes différents personnages -réels ou phantasmés- et continuer à lui titiller le crayon.
Après tout, ça lui fait du
bien.


Double poil, 2005


Dreamers, 2004


Sous le fantasme, 2004

Une histoire de taule

Si Van Orso conte ici ses propres aventures débridées -avec délectation d'ailleurs- c'est parce qu'il écrit depuis des années ce genre de récits et que ses personnages sont nombreux et parfois complexes. Peut-être existent-il quelque part d'ailleurs, peut-être ne les ai-je pas complètement inventés? Ou peut-être encore suis-je moi-même l'un de mes personnages? Voici donc, ressortie de quelque fichier informatique au fond d'un disque dur cette petite Histoire de taule illustrée par mon ami TAJ, il y a déjà quelques années.


"Les trois jeunes mecs se douchaient sous la surveillance de deux gardiens. Dans ce centre de réinsertion pour délinquants, les garçons étaient soumis à rude discipline. Ils avaient tous, un moment ou un autre, franchi la ligne jaune et basculé dans le monde sans règles qui borde toute société humaine."


Le récit complet ICI.



Quelle est la dernière chose...

Un copain m'envoie, l'autre jour, une copie d'un de ces tests type "questionnaire de Proust" ou autre "portrait chinois" qui font florès sur le web.

L'une des questions disait "quelle est la dernière chose que vous faites avant de vous endormir?" Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire par cette perche -que dis-je! cette poutre- tendue. Là où les plus chastes écriraient qu'ils pensent à une personne qui leur est chère, ou même qu'ils prient, moi j'aurais mis franchement: je me branle.

C'est vrai et je n'en rougis pas. Je me branle longuement, avec beaucoup de sensualité, dans mon lit, les soirs où je ne suis pas accompagné par un ou deux beaux gaillards. Ce geste fait partie de mon quotidien comme le plaisir que je me donne au réveil quand les obligations du travail ne me font pas sauter hors des draps aux aurores.

Je me masturbe depuis des années avec toujours autant de plaisir. C'est aussi le meilleur moment pour savourer un bon porno, en prendre la réelle portée et se laisser exciter par les images, fantasmer les situations.

Lorsque je suis en déplacement pour plusieurs jours, que je réside à l'hôtel ou chez des amis et quand je ne partage pas le lit de ces derniers pour une nuit aussi câline que torride, je m'accorde quand même ce temps de plaisir pendant lequel je peux ouvrir les vannes de mon imagination débridée.

Après avoir joui, que ma semence a coulé sur mes doigts et tout autour de ma queue palpitante, je la répands sur le pelage de mon ventre et je laisse faire l'ordre des choses. La chaleur de mon corps se charge d'en exhaler le parfum et le sommeil vient progressivement m'enlever aux souvenirs de la journée.

Certains peut-être pourraient trouver cet ultime geste sale. Peu importe, puisque ce sont les mêmes qui me diraient volontiers obsédé. En tout cas, je dois suffisamment bien m'y prendre car je ne tâche pas mes draps... Et puis mon sperme ne saurait finir dans un mouchoir. Il est fait pour masser les corps virils et gaver les beaux mecs.


SSR et BBK, la guerre des lettres?

SSR contre BBK. Ou deux attitudes que l'on oppose beaucoup trop facilement, comme si, au delà de ces lettres, toute une mentalité se trouvait résumée. Pas aussi simple.

Sexe Sans Risque contre Barebacking (comprenez: sexe non protégé). Un enjeu, la vie. Bien entendu et nulle personne sensée ne dira le contraire. Protéger ses relations sexuelles est à la fois un geste responsable et humaniste: je rassure mon partenaire et je me garantis de lui en usant d'une sécurité supplémentaire afin que mon esprit soit libre et entièrement consacré au plaisir, sans crainte.

Une sécurité qui pourtant seule ne suffit pas et c'est là que l'erreur est souvent faite, notamment par ceux qui ont élevé le SSR au statut de principe incontournable. La capote sans l'attitude qui va avec protège, certes, mais ne représente pas une barrière définitive.

En multipliant les plans furtifs entre partenaires venant d'on ne sait-où et partant pour d'autres horizons tout aussi incertains, on augmente la probabilité de contracter une IST, c'est mathématique.

Autant le préservatif a mis du temps à s'imposer, auprès des gays en particulier -pourtant durement touchés par l'épidémie du SIDA et sa logique de grande faucheuse-, autant j'ai parfois l'impression maintenant qu'on peut être facilement montré du doigt lorsque l'on avoue ne pas toujours pratiquer en mode SSR.

-Il faut être kamikaze! ai-je déjà entendu.

-Non, pire encore: c'est irresponsable, notamment par rapport à la société et aux gens non informés qui l'ont payé de leur vie!

Ces remarques sont exactes. En partie, tout au moins.

L'objet de cette note n'est pas de faire l'apologie du barebacking mais de dire pourquoi moi, Van Orso, sain d'esprit et de corps, j'assume fonctionner sur les deux modes, conjointement.

Les progrès de la recherche et ceux de la trithérapie ont distillé la fausse et dangereuse idée que le HIV se soigne. On a beau répéter qu'il n'en est rien, que les effets secondaires au traitement sont nombreux et souvent invalidants, l'air du temps n'est pas au maintien du sérieux nécessaire en la matière. Paradoxalement, ce sont souvent les premiers à parler de protection qui adoptent des conduites "à risques". Peut-être parce que la capote, même si elle est notre meilleure alliée, ne permet pas à l'acte sexuel de procurer son véritable effet psychologique.

Que l'on soit pénétré avec ou sans capote, du point de vue des sensations mécaniques cela ne change pas grand chose. Je mets au défi quiconque de pouvoir, sans rien en percevoir autrement que par son petit trou, me dire s'il est visité par une queue recouverte ou non de latex.

Ca se joue ailleurs. Dans la représentation que l'on s'en fait. Car, même si on estime que cela paraît exagéré, un préservatif représente une barrière. Une barrière au contact direct entre les chairs, entre les fluides. Le sperme y reste prisonnier et y finit lamentablement sa course là où la nature a prévu qu'il inonde et remplisse.

La capote l'a transformé en poison potentiel... Cela se voit bien dans les pornos où, malgré une grande sensualité, le moment de l'éjaculation sur les corps, les fessiers, les visages est très souvent l'occasion de voir comment les acteurs font tout leur possible pour garder lèvres closes ou les éloigner du nectar devenu danger. Pour certains, l'exercice est particulièrement difficile car on les devine gourmands et prêts à laisser leur langue le recueillir...

Si les produtions X en bbk se développent autant et trouvent leur public, chez les bears en particulier, cela n'est pas le fait du hasard. L'homme qui aime véritablement le plaisir viril aime le sexe au naturel parce qu'il est source d'excitation cérébrale, de fantasmes. Il est toutefois regrettable, criminel même, que cette nouvelle niche du porno fasse florès pour des histoires de profit, au mépris de l'information, de la responsabilisation et qu'un panel d'acteurs de passage -souvent recrutés à L'Est et de plus en plus jeunes- soient privés de protection par "oubli" coupable de prévention...

Les temps actuels nous ont programmés à intégrer la notion de protection dans nos pratiques sexuelles mais elle se fait souvent avec l'idée qu'il faut renoncer à la pleine portée du plaisir. Cette renonciation est d'autant plus dure quelle n'est pas limitée dans le temps.

Un jour, on trouvera un traitement qui protègera du HIV et des IST... Un jour. En attendant, je ne peux me résoudre à l'idée de toujours devoir "m'emballer" et prendre mes distances avec la liqueur masculine pour jouir en toute quiétude...

Es-ce que pour autant je suis un kamikaze? Je ne le pense pas. Parce que cette réflexion sur le sexe au naturel pose immédiatement le problème des risques et que je pense être suffisamment bien informé pour savoir qu'ils sont réèls et qu'ils ne touchent pas que "les autres".

Cette conscience, confrontée à mon goût pour le sexe sans barrières me font chercher une voie intermédiaire afin de concilier ces lettres que j'opposais un peu plus haut: ssr contre bbk.

Autant le dire, il n'y a pas de recette cent pour cent satisfaisante. De toute manière, pour être totalement protégé des IST, il ne faudrait pas avoir de relations sexuelles et éviter tout ce qui est de l'ordre des piqûres ou des transfusions.

La pratique du barebacking est limitée chez moi à quelques rares garçons qui ne sont jamais des partenaires passagers en ce sens que j'ai développé avec eux une réelle relation basée sur l'affectif, la confiance et sur la durée. Par ailleurs, ils sont souvent en couple ou, tout au moins, liés à une personne en particulier avec qui il m'arrive aussi d'avoir "commerce de chair" comme l'écrivait nos littérateurs d'antan. La relation de confiance se base aussi sur le fait qu'aucun n'aurait intérêt à ne pas jouer franc-jeu avec l'autre.

Ca n'est pas du calcul mais juste une recherche d'équilibre. Le sexe au naturel ne signifie pas non plus l'absence totale de capote. Je peux tout aussi bien l'employer pour une sodomie puis me délecter du foutre de mon "partenaire choisi" par la suite.

Mon fonctionnement est finalement plus "sage" que ce que pourraient laisser croire les différentes notes de ce blog qui sont autant faites de réalités que de fantasmes. La liberté que j'ai prise de pouvoir jouir de mon corps où et quand je veux me rend moins gourmand que si j'en étais privé. Ma pratique du sexe au naturel s'inscrit dans cette logique. Je sais que c'est possible dans une certaine configuration, pas dans d'autres. Mais je n'ignore pas non plus que le basculement est toujours possible, la prise de risques plus importante lors d'un moment où la raison est empêtrée dans les vapeurs du plaisir... Il serait bien présomptueux de croire que l'on garde mainmise sur tout.

Je pense qu'il faudrait réfléchir à cette voie intermédiaire au lieu d'opposer systématiquement les choses dans une sorte de rigidité formatée. D'ailleurs, en y regardant de plus près, de plus en plus de studios X très virils et très hard s'y laissent volontiers aller. On peut y apprécier des séances de pilonnages intensives mais tout à fait protégées suivies d'explosions de semence masculines partagées par plusieurs bouches avides sans plus aucune retenue...

Mais peut-être suis-je par trop iconoclaste? Après tout, Van Orso est là aussi pour ça.


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Brèves de canicule

Toulouse. Il fait une chaleur étouffante. Au mois d'août c'est plutôt normal ici. Sauf que cela dure depuis trois jours et tout autant de nuits. On parle donc de canicule. La Petite chienne s'en donne à coeur joie.

L'ours m'avait fixé rendez-vous pour qu'on mange un morceau ensemble entre midi et deux. Plus de trois ans que nous ne nous étions plus revus malgré des contacts sur le net plus ou moins réguliers. La dernière fois, c'était dans un bar où nous avions pu échanger un long baiser langoureux.

Je lui avais dit: "j'ai envie de toi et tu le sais, mais je ne veux pas que ce soit du vite fait entre deux portes ou dans la moiteur d'un sauna". Il s'en souvenait bien.

Lorsque nous nous sommes retrouvés à la sortie du métro, l'air de rien, il a posé cette question l'oeil malicieux:

-T'es sûr que tu veux manger? On a deux heures devant nous et puis j'habite pas loin d'ici...

Van Orso un peu pris de court. Je n'avais pas envisagé cette proposition. J'étais transpirant, pas vraiment frais comme j'aime à l'être avant de passer à l'acte. Je n'ai pas dû être très convaincant dans mon hésitation... Je n'ai pas résisté longtemps. Je sais que j'avais autant envie de lui que lui de moi.

Les choses n'ont pas traîné une fois la porte d'entrée de son appartement franchie. Comme toujours, ce sont les baisers qui ont ouvert le bal. Il embrasse toujours aussi bien. Douceur des lèvres... Petit goût de tabac qui finit par vite se diluer.

Vraiment un beau gaillard. Un ours au poil court, charpenté, bien planté, à la fois carré et rond, une bonne bouille aux yeux clairs dans lesquels se lisent juste ce qu'il faut de friponnerie...

Je l'ai beaucoup sucé, jouant avec sa queue courte et épaisse comme avec une friandise, l'avalant en entier pour mieux l'amener à chaque fois à la limite de l'orgasme avec toujours ce mélange de douceur et d'autorité qu'il m'imposait. Par instants, il sortait son sexe gluant de ma bouche pour mieux le frapper contre mes joues, comme si, ce faisant, il marquait sa domination sur moi afin de me punir de ne pas le faire décharger.

Forte chaleur dans l'appartement. Nous suons l'un et l'autre à grosses gouttes. Les pelages dessinent des volutes, mon poil long sur le sien court. C'est très beau. Je le branle, je gobe ses burnes, je le fais gémir... La température me sonne un peu mais ne diminue en rien le plaisir. Il me suce à son tour. Je voudrais lui offrir une queue plus raide encore, plus turgescente, mais la touffeur de l'air est comme une couverture qui nous enveloppe. Elle atténue mes capacités...

-Veux-tu découvrir mes autres compétences? Murmure-t-il alors que sa langue caresse encore une fois mon gland.

Bien sur que je le veux! Cet ours me plaît. Même si l'air me semble de plus en plus étouffant, je veux qu'il me prenne le cul.

Alors qu'il enfile une capote et que les poils de son ventre ressemblent à des algues ordonnées par le courant d'une rivière, je l'embrasse à nouveau. Ma langue se déroule sur la sienne.

Quand deux ours jouissent l'un de l'autre, les positions académiques déclinées dans la majorité des pornos ne sont pas adaptées. Ni au plaisir, ni à leur corpulence. Il faut opter pour des postures plus simples mais nettement plus efficaces.

Je suis à quatre pattes calé sur le sofa et il me prend, agrippé à mes hanches. Là je sens à la fois toute sa puissance et toute sa douceur. Dans cette position je me donne complètement et je commence à jouir du cul, c'est à dire à ressentir ce curieux mélange entre petite douleur sourde et soulagement musculaire. Mais tout se passe une fois de plus dans la tête... Je sais que ça faisait très longtemps qu'il avait l'envie de m'enculer, comme moi celle de me donner à ce beau mec.

Je me retrouve ensuite sur le dos, les capotes défilent, la transpiration perle à grosses gouttes de son nez et de son menton. Je les reçois sur le visage. Il s'excuse entre deux coups de reins et moi je le veux davantage encore. Que ce gaillard entre en moi plus profondément. Je me sens incroyablement mec dans ces moments-là. Son visage est superbe dans l'effort.

Je parle crûment, je lui souffle de me casser le cul, de me piner avec toute sa vigueur. Il serre les dents. Les mots sont des aiguillons imparables qui sont allés titiller l'hypophyse et l'hypothalamus un peu trop. Il essaye de se retenir, mais n'y parvient pas.

Et je sens nettement trois pressions au fond de mes tripes. Trois jets de foutre abondant qui ont dû distendre la paroi de latex dans lesquels ils se sont retrouvés prisonniers...

J'aurais voulu cette semence sur mon ventre et sur mon visage, la humer, la goûter même... ô fantasme!

Mon gaillard n'était visiblement pas satisfait de sa prestation. En m'embrassant, il me dit qu'il avait joui trop vite, que je l'excitais trop et qu'il voulait encore et encore me donner du plaisir, me baiser comme jamais on ne m'avait baisé.

Ces petites confidences viriles sont toujours tout autant de moments précieux, qui rajoutent à la beauté de l'instant. Je l'ai étreint un bon moment jusqu'à ce que nos sueurs menacent de nous noyer puis j'ai filé sous la douche. Juste pour me rafraîchir pendant qu'il reprenait ses esprits.

Le jet d'eau froide sur ma rondelle a déclenché un petit picotement, témoignage du labourage en règle auquel j'avais eu droit et qui me comblait.

J'étais encore accroupi sans la petite baignoire à me livrer à ces ablutions quand l'ours entra dans la salle de bains. Il bandait à nouveau. Il glissa sa queue tout naturellement dans ma bouche gourmande...

Quelques instant après, les deux mains calées contre le mur carrelé prolongeant la baignoire, mon fondement était investi de plus belle.

-Je vais peut-être pas jouir à nouveau, mais je vais encore bien te défoncer le cul, souffla le gaillard, ça tu peux me croire!

photo by TAJ

La chaleur n'a pas cessé de toute cette journée, écrasant la Ville Rose sous une sorte de chape d'un bleu limpide. Ce qui n'empêchait pas une animation toute estivale des rues.

J'avais rendez-vous en fin d'après midi avec mon couple de copains que je vois régulièrement quand je passe par ici. En leur compagnie, la vie prend une saveur particulière, riche et épicée. J'écris "copains" ici, mais pour moi ils sont bien plus que cela et mon affection pour eux va au delà de la simple amitié. Ils font d'ailleurs partie de ce petit cercle choisi de gars à qui je me donne à fond et sans retenue aucune. Ils me fécondent régulièrement de leur bonne semence et je la lèche jusqu'à la dernière goutte.

Etant donné que nous ne nous voyons qu'assez peu finalement, les retrouvailles sont toujours un excellent moment, mélange de rire, de sérieux, de tendresse et de sexe.

Malgré la chaleur, les assauts de l'ours à la pause de midi m'avaient mis en appétit. Les burnes bien pleines et que je n'avais pas vidées en sa compagnie, une grosse envie de sperme dans la tête, je savais que mes nours allaient me donner ma dose, celle qui me ferait "tenir" durant les mois que je mettrais avant de les revoir.

La soirée fut évidemment délicieuse. Ils font partie de ces garçons que la vie et ses aléas ont rendus meilleurs et plus sages. Comme moi, ils considèrent le sexe comme une chose normale et totalement naturelle, a fortiori quand un bon feeling est là. Leur sensualité est très présente et elle se manifeste au travers de petits gestes qui pourraient paraître anodins au yeux du néophyte.

Naturellement comme je l'attendais, je me suis fait baiser comme un ours peut l'être: copieusement, intensément, me régalant du goût indescriptible de chacune de leur queue encore toute enfoutrée, tout juste sortie de mon petit trou béant pour remplir ma bouche. Ce mélange de jus d'homme et de parfum de cul qui excite les sens les plus bestiaux...

Je me suis fait labourer et j'ai aussi beaucoup joui, déchargeant mon nectar alors que l'un des nours me branlait et que l'autre me bouffait la bouche.

Si la journée fut caniculaire, la nuit, elle, m'apparut des plus agréables avec cette sensation de bien-être que je n'ai connue jusqu'ici que dans les bras ou à proximité d'hommes comme ces deux-là qui me font me sentir fier d'être ce que je suis.

Un peu de pédagogie

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Où il est question de terminologie.

Nous avons beau être au XXI ème siècle dans une zone de monde où, globalement, les Droits de L'Homme servent de base à l'organisation sociale et politique, en dépit des égarements, je continue à entendre et lire des horreurs sur les individus qui ont la même "orientation sexuelle" (quel terme imagé! On se croirait en agence immobilière) que moi.

Une fois n'est pas coutume dans cet espace où je conte mes aventures, je vais y faire un peu de pédagogie en partant d'une idée simple: qu'un moteur de recherche finira toujours par orienter des yeux honteux ou tout simplement paumés vers ses lignes dont l'objectif vise simplement à faire réfléchir, bousculer les idées reçues et faire réagir. C'est déjà pas si mal.

Alors, je vais donc m'adresser à toi, directement. Toi qui est arrivé à ce niveau de la note. Peut-être es tu l'un de ces garçons qui se rend compte que l'attirance qu'il a toujours ressentie pour ceux du même sexe est de plus en plus marquée et ne peut plus se justifier par l'idée de passade ou de fin d'adolescence. Tu sais que tu ne te cherches plus puisque, dans le fond, tu as trouvé ce qui te plaît vraiment.

Peut-être es-tu ce jeune majeur, ou pas encore tout à fait (auquel cas tu ne devrais pas être ici! Mais on sait bien que les interdits parentaux sont faits pour être détournés) qui ne sait pas mettre de termes sur ce qu'il ressent par rapport à son meilleur copain... Celui avec lequel tu fais du sport, tu sors en boîte ou tu dragues les filles. Celui-là même avec qui tu as développé une étonnante proximité parfois ambigüe quand vos parfums se frôlent, vos respirations sont si proches...

Peut-être encore tu es ce rigolo, hétéro pur jus qui s'encanaille sur le Web gay pour mieux te moquer de ces "tarlouzes qui s'enculent" et faire le fier au milieu de tes potes, de vrais mecs eux, comme il se doit. Tu n'oses pas leur dire que tout celà t'intrigue. Tu n'es pas forcément attiré, non. Juste intrigué. Tu voudrais en savoir davantage sur qui fait quoi, pourquoi et comment.

Eh bien ton côté voyeur va être ici amplement servi, mais toujours avec pédagogie puisque c'est mon objectif!

Qui que tu sois donc parmi ces catégories, je ferai en sorte que tu trouves ici de quoi alimenter ta réflexion et je le ferai même en plusieurs notes. C'est te dire tout l'intérêt que je porte à ta démarche.

Commençons donc par le commencement et mettons nous d'accord sur la terminologie de base.

J'utilise plus facilement le terme de gay parce qu'il est direct et linguistiquement assez neutre. En effet, le politiquement correct voudrait qu'on utilisât le mot "homosexuel". Cependant, on remarquera qu'il induit une connotation quasi médicale qui réduit l'individu à un seul fonctionnement sexuel. Dire qu'on a des amis homosexuels équivaudrait à parler d'amis agoraphobes ou kleptomanes par exemple. Nous sommes dans le même type de vocabulaire.

A l'inverse, annoncer "pédé" est tout aussi limitatif, étant donné l'étymologie même du terme pédéraste forgé au XIX ème siècle (paides= enfant et Erastos= qui aime, qui forme, amateur). Or, un gay normalement constitué n'a pas plus d'attirance sexuelle pour un enfant que n'importe quel autre hétérosexuel. Sans parler de la dérive insultante qui est associée à ce mot dans le langage straight (hétéro). Pédé étant souvent accompagné ou associé au mot enculé.

L'autre avantage du mot gay réside dans le fait qu'il a une portée internationale, compréhensible dans pas mal de langues et valable pour les deux sexes. Dans notre (mauvaise) habitude à vouloir toujours franciser les termes, nous en arrivons à créer des non-sens en écrivant par exemple: une jeune femme gaie pour dire qu'elle est lesbienne. Aussi ai-je fait le choix de toujours user du mot sous sa forme anglaise: un ou une gay, des gays.

Les gays masculins cédant à une tentation très humaine ont eux-mêmes tôt fait de se catégoriser au sein de leur communauté. D'abord par jeu -pas toujours animé par un bon esprit d'ailleurs, la moquerie étant aussi une arme- puis par nécessité. Le regard de la société étant parfaitement réducteur, il a fallu affirmer quelques nuances de taille. La première tournant autour des "manières". Tous les gays ne marchent pas comme sur un podium et ne ponctuent pas leur propos de gestes pleins de grâce. De la même façon, tous ne sont pas à la pointe de la mode ou de la sophistication urbaine, tous n'habitent pas "seuls avec Maman/ Dans un très vieil appartement/ Rue Sarasate..."(Ch. Aznavour)

Pour faire simple on dira que c'est aux Etats-Unis, à la fin des années 1970 qu'est né le groupe auquel j'appartiens et qui porte le nom de bears, ours en anglais. Avec la longueur d'avance qui les caractérise -dans le meilleur comme dans les pire- et dans le contexte communautariste de leur société, les américains ont proposé cette alternative qui nous manquait: être gay tout en restant naturel et en ne cherchant pas à affadir la virilité mais plutôt la vivre sans complexe et la mettre en avant.

La pilosité en est le premier symbole. Ainsi, si vous cherchez une peu dans la production X US "vintage" des années pré-Sida, vous verrez que le mâle est souvent moustachu et poilu. Code qui, par ailleurs, correspondait parfaitement à la mode du moment.

Bref, le zazou tiré à quatre épingle avait désormais un concurrent. En Europe et en France en particulier, il faudra attendre les années 90 pour que le modèle Bear s'installe après être toutefois passé par le filtre du sportif viril et résolument masculin.

Aujourd'hui, si la diversité dans le monde gay est mise en avant par les associations, les courants plus politiques (l'épidémie du Sida ayant rapellé à toutes les personnes douées d'un minimum d'intelligence que le virus, lui, ne fait pas de distingo), elle est loin d'être acceptées sur le terrain. L'ours est à la mode mais pas tant pour l'esprit qu'il devrait avoir -liberté, convivialité, bonhommie- que pour l'image du mâle naturel qu'il véhicule. On veut son "nounours" mais on continue à ne jurer que par l'athlète qui fait la couverture d'un magazine comme Têtu ou les corps sculpturaux des rugbymen du Stade français...

Si la devise de l'Union européenne est "Unis dans la diversité", c'est encore loin d'être le cas dans la communauté gay. Cela constitue sans doute l'une de nos principales limites et donc l'un de nos points faibles face à l'obscurantisme et aux attaques.

What about le plaisir anal?

Après avoir fait un point sur la terminologie de base et recadré les choses, dans une première partie, continuons ici sans langue de bois si tu le veux bien.

Dans le monde hétéro, surtout masculin, on entend souvent cette remarque lâchée entre deux rires gras, accompagnée éventuellement d'une fausse mine de dégoût, une remarque aussi peu fondée que poétique:

"les pédés doivent avoir le cul tout distendu à force de se faire mettre!".

Mon petit trou en quasi gros plan -le plus artistique possible, tout de même...J'ai une image de marque à préserver!- ci-après devrait parfaitement illustrer le contraire, de même que mon propos. Et Dieu sait que ça n'est pas faute de me le faire explorer et pilonner.

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Parlons donc ici de sodomie masculine en écho à une note que j'avais publiée il y a quelques temps sur ce même journal. Une fois encore, les propos gras sont bien trompeurs parce qu'il simplifient à l'extrême des aspects autrement plus complexes...et donc intéressants.

Commençons par le commencement en abordant d'abord le côté anatomique de la chose. L'anus se compose d'un muscle circulaire comme il en existe plusieurs dans le corps (dans le réseau digestif), le sphincter. Ce muscle est organisé pour se contracter et se dilater, action facilitée par une lubrification naturelle allant de l'intérieur de l'ampoule anale (ou rectum) vers l'extérieur afin d'évacuer les selles. Il a donc une certaine capacité d'ouverture et de rétractation, capacité qui se travaille comme se travaille tout autre muscle régulièrement sollicité.

La dilatation n'est donc pas, en soi, un problème puisqu'elle est programmée. La question porterait plutôt sur le seuil maximal. Jusqu'à quelle limite peut-on le dilater?

Le paradoxe vient du fait que la zone périnéale où se trouve l'anus soit chez l'homme en particulier très sensible à l'excitation. Etrange si on ne la considère que sous l'angle d'appareil excréteur.

De plus, le positionnement interne de la prostate (qui fournit le liquide séminal) et tel que l'organe jouxte la paroi de l'ampoule anale. Bref, un simple toucher rectal permet au praticien d'en évaluer la grosseur en cas de problèmes. Les études médicales ont montré que la sodomie agit comme un massage de la prostate, donc comme un stimulant.

Etant donné que les femmes n'ont pas de prostate ou d'organe à portée similaire placé de la même façon dans leur anatomie, la sodomie n'aurait pas le même intérêt mécanique. Pourtant, dans la production X , c'est une pratique courante parce qu'elle excite l'imaginaire masculin...Sans doute plus d'ailleurs que les fantasmes féminins.

Et c'est là que cela devient intéressant. Si l'on considère l'anus juste comme étant un point d'évacuation, on le prive de ce qui est, à mon sens, chez l'homme, son véritable intérêt: une zone fortement érogène en lien étroit avec les centres du cerveau dirigeant les hormones du plaisir et de la satisfaction (dopamine, endorphine...). Pourtant, c'est bien parce que c'est une zone considérée comme "sale", "impure" que la pratique de la sodomie a toujours été condamnée. Par ailleurs, une relation anale ne visant pas à la procréation, la morale animée par les religions a tôt fait de s'opposer à une sexualité sans objectif tangible.

Bien sur, se faire enculer n'entraîne pas de risque de distension. Le soucis viendrait plutôt de la façon de procéder et des risques liés à des micro-blessures de la muqueuse recouvrant ledit muscle.

La lubrification naturelle n'étant garantie que dans un sens, il convient avant de pénétrer de pallier cette défaillance au moyen de gels et autres préparations siliconées qui garantissent, de plus, contre un échauffement du latex du préservatif.

Par ailleurs, comme toute autre pratique sexuelle, celle-ci nécessite de la douceur, une gradation dans l'effort et du temps pour bien la posséder.

L'anatomie, on l'a vu, permet déjà de contrecarrer le postulat de base. C'est le psychisme qui va constituer la meilleure démonstration du fait que, non seulement, la sodomie virile est un vrai plaisir sain, mais qu'en plus, elle est constructive.

Sauf s'il se trouve dans une pièce équipée de miroirs ou encore de caméras, le partenaire dit passif, c'est à dire celui qui subit les assauts de son amant, ne peut pas voir la pénétration. Il la sent et la visualise, mobilisant à la fois le physique et les ressources du psychique. Ce sont ces dernières qui vont donner tout leur sens à ce plaisir.

La dilatation de l'anus, le frottement de la muqueuse contre la hampe veinée du chibre qui défonce, celui du gland contre la prostate accompagnent un véritable chambardement qui a lieu dans la tête.

Celui-ci fait voler les barrières du convenable, de l'image de soi aussi et ouvre des portes enfouies sous des tas d'interdits. L'envie de ne plus s'appartenir mais d'être à l'autre, entre le jouet et l'esclave, surgit. Celle d'une soumission presque totale également même si l'esprit résiste.

Non, je ne suis pas cette salope qui se fait trouer comme une chienne...Et pourtant si, je le suis. Et le pire c'est que j'aime ça! Je veux que le mâle qui me prend soit mon mâle, qu'il me domine totalement, qu'il me possède. Je suis à la foi moi et un autre. La sodomie a rendu la barrière freudienne du surmoi totalement perméable et mes pulsions prennent corps.

Ces sentimenets sont perçus à des degrés divers en fonction du contexte, du ou des partenaire(s), de l'importance qu'on leur accorde, certes, mais on tourne toujours autour des mêmes choses. Ce peut-être aussi l'amour qui habille cet instant de domination et de possession.

La sodomie met à jour ces méandres secrets, elle rend possible leur exploration. Evidemment, une fois l'orgasme passé, on revient à la situation de départ, mais quelque chose a irrémédiablement changé. Voila pourquoi la première sodomie est un moment capital. Ratée, elle renforce les peurs.

Dans l'imaginaire hétéro mâle, l'enculé est celui qui n'est pas vraiment un homme. Précisément parce qu'il subit un outrage. Ici encore l'erreur est grossière car, hormis dans le cas du viol où toute pénétration est ressentie comme une blessure faite à la façon d'une arme blanche, à la fois dans les chairs et dans l'esprit, si le passif se fait prendre c'est qu'il l'a choisi, qu'il le désire, parce que la sodomie le confirme dans sa propre virilité. Pas question d'insulte physique ici.

Et l'on en vient à un aspect central, celui du révélateur. Le sexe anal viril est est meilleur révélateur de sa propre virilité. C'est parce qu'un homme a fait l'expérience de ce voyage en lui même, de cet abandon qu'il prend conscience de ce qu'il peut donner à d'autres mâles, de ce qu'il peut leur révéler de leur propre personnalité.

Alors, après tout ça, tu dois te demander comment ça se passe, quasiment minute après minute, quand on se fait enculer. Je te dirais que le meilleur moyen de le savoir c'est encore de passer à l'acte. Mais je vais tenter de t'en donner un aperçu avec des mots.

D'abord il faut être en confiance, que les mains de ton partenaire se soient beaucoup posées sur toi, que tu aies pu sentir son corps contre le tien, son souffle sur ta peau. Il faut aussi qu'il ait pris le temps d'ouvrir ton petit trou en le caressant du bout des doigts ou en le léchant profondément (ne te rengorge pas, rien n'est sale dans cette pratique), que sa langue soit déjà entrée en toi afin de t'ouvrir en douceur.

Au début, tu auras peut-être un peu mal, car il faut donner le temps au muscle anal de se dilater mais si ton gars est respectueux de toi, il le sentira et adaptera son plaisir au tien. Car cette petite douleur du départ fait aussi partie du plaisir. Le lubrifiant est là pour faciliter les choses et rendre progressivement les mouvements des reins plus amples et les sensations plus agréables.

Dans les pornos, il est de bon ton que le partenaire passif développe en même temps qu'il se fait prendre une splendide érection qui peut même le mener à une éjaculation abondante. Il s'agit là de cinéma car nous n'avons pas tous cette capacité! Aussi ne t'inquiète pas si tu ne bandes pas pendant que ton cul est exploré. Ta jouissance sera alors plus intériorisée, plus psychologique et elle sera double puisqu'après cette première, tu auras tout le loisir de décharger à ton tour.

Il faut surtout que tu abordes la sodomie sans peur, avec une grande curiosité et l'envie de mieux te connaître. Elle est un jeu et un plaisir profondément masculin. Elle te permet de vivre certaines pulsions animales, de te soumettre à plus puissant, mieux monté que toi, sans honte et avec une sorte de jubilation.

Je ne cherche pas ici à te convaincre, juste à te montrer que les jugements hâtifs ne sont finalement faits que de craintes et de méconnaissance. Il en va des choses du sexe comme du reste. Si tu es capable de comprendre que deux mecs qui baisent n'est pas quelque chose "sale" ou "contre-nature", même si toi-même tu ne te sens pas concerné ni particulièrement attiré, alors ma démarche n'aura pas été inutile.



 
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