dimanche 3 octobre 2021

Du respect

La "communauté gay" crève littéralement d'une absence de respect en son sein même et doit, dans le même temps, gérer toutes les attaques extérieures qui existent encore à bien des égards. Au prétexte d'une liberté sexuelle et d'un absence -bienheureuse- d'autocensure, elle trouve normal de réifier les gens et de jeter en pâture leur image sur le Web.
C'est insupportable. 
Insupportable de voir un individu réduit à un trou, à une fonction de sac à sperme. Insupportables, ces jeux de domination, de racialisation, qui vont trop loin et qui ne sont plus toujours si assurés en termes de réel consentement, celui obtenu sans pression aucune et en état de total discernement.
Insupportable ces quidams qui se bourrent le nez et les veines de chimie et qui dressent des tableaux de chasse du nombre de culs visités ou des calibres phalliques croisés sur leur chemin.
On crève de tout ça plus même que du Sida et des épidémies graves. Parce que ce chemin-là, revendiqué au nom de la liberté et issu d'une éducation finalement très hétéronormative sur un modèle patriarcal, mène à la solitude, au dégoût progressif de ce qui est pourtant une révélation: la sexualité en plénitude.
Mon principal cheval de bataille a toujours été le respect et la dignité. Respect de soi-même et des autres, dignité humaine placée au dessus du reste tout le temps, même dans la douce folie des fantasmes.
Je refuse désormais de suivre toute personne sur un réseau social, même dédié, qui n'est pas dans cette démarche et qui se complait à réduire l'autre à l'état de chose sous prétexte que c'est "un délire partagé" ou que c'est "sa liberté". Le respect est une vertu cardinale qui ne souffre pas d'exception.

VO

mardi 28 septembre 2021

Les caractères - la traînée

Ce garçon-là est une vraie petite traînée. Pas encore la trentaine  sans doute, belle gueule de jeune premier, sourire parfait, corps athlétique et souple, parfaitement moulé dans les standards gay classiques. 
Burnes lourdes rasées de frais, jolie queue de bonnes proportions, c'est surtout avec son magnifique cul rebondi qu'il se fait remarquer. Sur son compte twitter, il s'exhibe, délicieusement ramoné aux chibres conséquents, écarté comme une fleur et son anus est semblable à celui d'un jeune débutant: parfait et régulier. Il en a pourtant pris des kilomètres de bites. Tantôt en dentelles et porte-jarretelles, tantôt en cuir, tantôt à califourchon sur un gode ou se fouillant lui-même l'intimité (sûrement pour ne pas perdre la main), le garçon a le sourire radieux du plaisir partagé.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, le sexe est visiblement son métier et twitter l'une de ses cartes de visites. Comme toute bonne pétassounette, il y publie ses séances de sport, ses partenariats avec tous les studios x américains (bien que le quidam soit français si j'ai bien saisi), ses hésitations devant son dressing sur le mode "j'ai plus rien à me mettre aujourd'hui", etc.
En fait, ce beau garçon est une caricature, un condensé de tous les poncifs sur l'univers du sexe gay et j'avoue être assez fasciné par son profil social. Tout chez lui est excessif, jusqu'à son pseudo façon danseuse du Crazy Horse (un truc comme Lova Moor, vous voyez?). Il revendique le fait d'être un bottom gourmand et, effectivement, il semble être particulièrement apprécié pour cet aspect par ses partenaires montés comme des étalons. Il joue à fond la soumission aux gros calibres, en bouche ou en cul et se fait pilonner avec toute la souplesse que lui permet son corps. Forcément, on se demande si pareille créature peut apparaître comme autre chose qu'un joli réceptacle à sperme. A-t-elle une cerveau, une conscience, des valeurs? En fait, je grossis volontairement le trait pour montrer combien l'image virtuelle totalement fabriquée est vectrice de faux et combien il serait réducteur de s'y attacher, ce que nous faisons tous à un moment ou à un autre.
Le garçon est peut-être charmant autour d'un simple verre (pris ailleurs que dans un bay gay, évidemment). J'espère pour lui qu'il a d'autre atouts que la plasticité de son ampoule rectale parce que le marché est rude avec les petites traînées des réseaux sociaux: elles sont vite poussées hors de la scène par plus jeunes qu'elles.

mercredi 18 août 2021

Rayon de soleil

Réveil dans un  rayon de soleil, nu et sans même un drap sur moi. Il faut croire que la nuit fut chaude malgré les fenêtres ouvertes. J'adore ces moments où la température ne pose plus de problème, quand même les moustiques et autres intrus de la nuit restent à l'extérieur pour permettre au corps le repos après un délicieux moment juteux de plaisir solitaire.
Je me suis donc réveillé serrant contre moi un grand traversin passant entre mes cuisses comme un sexe énorme et je suis sûr -sans vouloir me vanter (ou juste un peu)- que la scène devait être charmante pour un oeil artistique puis pour un partenaire entreprenant, ami, amant, fiston... 
L'été décuple ma sensualité orientale naturelle et je multiplie les sessions photographiques en extérieur comme pour faire le plein avant le retour à la ville et à la vie civile dans laquelle Van Orso n'est qu'un homme lambda avec son masque social, loin du modèle photo, du pornographe amateur ou du personnage de nouvelles et dessins explicites pour adultes a(in)vertis.

Un petit minou

Le petit minou est tout mignon. La vingtaine, un corps de danseur, une sourire éclatant sur une bouille typée ibérique. Son cul est rond, ferme et moulé. Tant mieux car c'est son outil de travail. Sur son profil à l'oiseau bleu, il enchaîne les sodomies profondes et rythmées aux chibres conséquents tout comme aux jouets d'usage pour se garder l'oeillet souple. 
Le garçon se fait enculer avec un sourire radieux, les gros plans sont magnifiques.
Bien qu'il ne soit pas au demeurant mon style et que sa pratique relève plus du professionnel que de l'amateurisme éclairé (ce que je fais moi), je suis sensible à son profil parce qu'il met en avant un élément qui me parle: le sexe heureux, la passivité assumée et fière. Le minou est pourtant bien pourvu mais c'est du cul qu'il jouit et il en est gourmand. J'espère pour lui que ses partenaires de jeux et de travail sauront toujours le respecter comme il se doit car dans le milieu du sexe homo et du X en particulier, on sait que les valeurs humaines sont souvent à géométrie variable.

Culture du viol

Longue discussion avec un ami. Il me révèle qu'il a été victime d'un viol qui ne disait pas son nom, il y a quelques années à peine. Un homme mur de ses connaissances de réseaux et de réalité avec qui, pourtant, il avait une relation saine et constructive. Lors d'un week-end de retrouvailles, l'ami se retrouve enfilé jusqu'à la garde sans aucune préparation physique, brutalement,  entre deux portes. Une proie. Au choc moral s'ajoutent des séquelles anales qu'on peut aisément imaginer.
C'est un viol oui, mais il a encore du mal à poser le terme sur cet acte et il est passé par toutes les phases qu'expérimentent les victimes. Il doit faire lui-même son chemin vers la résilience mais cette histoire, courte et brutale, rappelle combien notre milieu peut-être hostile à ses propres membres, combien nous avons un problème avec la sexualité. 
Ce problème remonte à l'éducation que les garçons reçoivent dans une société encore patriarcale. Bien qu'homos, beaucoup reproduisent le schéma du chasseur, de la capture, de la possession. La notion de consentement reste floue, brouillée par des habitudes sexuelles souvent constituées d'expédients (les applis de baise, les labyrinthes, les fourrés enchantés, les "plans"...). Pourquoi ne pas défoncer le petit cul qui furète dans le noir d'une cave? Après-tout, n'est-il pas là pour ça?
Justement non. Il cherche peut-être autre chose. S'encanailler, se faire pénétrer certes, mais après les précautions d'usage. S'emparer ne veut pas dire casser, blesser. Il faut pour ça être sûr de ce que l'autre désire vraiment et le travail est énorme.
Trop de gays ont une sexualité destructrice d'eux-mêmes et des autres. Une sexualité de compétiteurs, excluante, ségrégationniste même. Une sexualité de consommateurs désespérés de devoir vieillir un jour, ne plus bander sur commande... C'est effrayant de lire tout ce qui peut s'échanger ici et là, tous les traumatismes vécus, tous les complexes nés d'une violence en matière de rapports intimes.
Cela fait partie des choses que nous devons réformer individuellement et collectivement afin de tenter de vivre mieux. Le sexe doit rester positif, constructif, gourmand voire même amoureux et sentimental (ça n'est pas un gros mot). Un champ d'expression et d'explorations partagé avec des partenaires consentants, formés et volontaires. Il n'y a pas d'autre alternative.

vendredi 13 août 2021

Le respect au préalable.

"Lope", "salope", "trou à jus", "veau" (sic!) etc. L'individu n'a plus de nom, pas même un pseudo: il est réifié et simplifié à son rôle d'outil sexuel.
Certains adorent ça et le revendiquent même au fil de leurs publications. Si on cherche plus loin sur les mêmes profils, on trouve aussi parfois quelques lignes pleines de désespoir sur le fait de ne pas trouver le prince charmant, sur la solitude, le rejet...

Un passage matinal sur mon compte Twitter me montre à quel point ce qui détruit les homos mâles c'est le manque de respect que beaucoup ont vis à vis des autres et, finalement, d'eux-mêmes.
Sous prétexte d'utiliser une zone de liberté dans laquelle l'anonymat est possible, même si on peut s'y exhiber comme rarement ailleurs, on déverse le pire, on s'y lâche.
"Vieux", "gros", "petite bite" versus "étalon", "doseur", "beau gosse"... C'est une litanie de qualificatifs réducteurs, de partouzes, de coups d'une heure avec bilan sérologique à la clé.
Le côté obscur du Rainbow alors que le sexe pourrait être si beau, si constructif, si fraternel sans pour autant tomber dans la naïveté.

Avec mes tweets "sympa", mes réflexions gourmandes sur le cul en 240 caractères, mes photos plantureuses, je me fais l'effet d'un ethnologue en territoire hostile dans cette sphère à l'Oiseau Bleu. On y trouve pourtant pléthore pour contenter ses sens et ses fantasmes, toujours dans le virtuel, certes, mais c'est déjà ça.
Ce qui est terrible, c'est ce constat de terrain que rien ne change dans l'univers gay (je ne parle pas du lesbien ou du trans que je connais très mal): on s'y comporte mal, en prédateur, et égoïste esclave des pulsions. On y traite mal les gens, on s'y défoule, on classe, on rejette et on se rachète ponctuellement une vertu en militant sans bouger de son canapé.
Comme si le respect empêchait le plaisir. Comme si une certaine bienveillance nuisait à l'intensité du sexe à deux ou à plusieurs.

Dans une période où la société demande des comptes à ceux qui ne respectent pas les femmes, les cultures, les origines avec des mots-clés comme "metoo", "blacklivesmatter" etc, comment peut-on encore autant se déconsidérer dans la même "communauté"?
Même en plein délire des sens, même en plein fantasme, quand il prend forme sur un réseau social, on ne peut pas tout faire, on ne peut pas tout dire.
Parce que se pose toujours le problème du consentement continu et régulier de l'autre d'une part et que, d'autre part, l'Homme droit possède des valeurs fondatrices qu'il ne peut renier. L'autre n'est pas une chose, jamais, même s'il le demande dans un moment de grande excitation.
Nous ne parviendrons jamais à imposer le respect au monde hétéronormé vis-à-vis de ce que nous sommes si nous ne sommes pas capables, à titre individuel et collectif d'en faire un préalable dans les relations que nous développons entre nous.

vendredi 28 décembre 2018

Au supermarché



Je me disais bien qu'il me regardait depuis un moment avec un air bizarre.
Arrivé au magasin, écrasé de chaleur sous mon panama et ma chemise à fleurs qui, ici, ne passent pas inaperçus, je poussais mon chariot en profitant de la discrète -trop discrète- climatisation, piochant ici et là au hasard de ma bordélique liste de courses. 
Je croise alors un black massif, loin d'être une gravure de mode, dans le genre daddy mastoc et ventru en train de compléter un rayon. J'ai dû le regarder du coin de l'oeil, comme je le fais par habitude de scanner avec tous les gaillards de ce genre (et d'autres) mais sans vraiment m'attarder.

A t'il pris cela pour un signal? Toujours est-il qu'il m'a bien reluqué à son tour et à plusieurs reprises alors que je parcourais les alignements parfois aléatoires du lieu.
Je longe à un moment celui des produits d'hygiène au bout duquel la porte automatique de l'entrepôt est largement ouverte. Le blackos s'y tient et sort une pile de bouteilles d'eau minérale sur un transpalette. Je déboule droit dans son champ de vision. Visiblement, je lui plais et il doit sentir que je suis de ceux qui aiment la bite. La situation est exotique avec quelque chose d'amusant, alors je le regarde bien dans les yeux avec un léger sourire en coin. Au pire il me demandera s'il peut me renseigner, au mieux…

Un léger hochement de sa grosse tête à la mâchoire lourde et massive me désigne l'entrepôt tout en déclarant à l'adresse de sa collègue en caisse non loin de là (ces magasins sont des abominations en terme de conditions de travail):
-Hé Pascale, je suis à l'entrepôt pour chercher un produit pour un client. Je continue la mise en rayon après.
Je vois la jeune femme lui adresser un signe de la main de loin.

Il m'attire discrètement avec lui. Nous évitons ce qui ressemble à une caméra de surveillance.
L'entrepôt est de taille moyenne avec un enchevêtrement de produits gerbés en palettes au milieu de cartons entassés.
On se retrouve dans un recoin peu éclairé derrière une de ces piles.
-Salut, fait-il, on a pas beaucoup de temps. T'es pédé? T'aimes la grosse bite?
Putain c'est du direct tout en finesse! Je la joue à l'humour. En fait, la situation m'excite le cerveau.
-Oui et oui. T'as du bol, c'est ta journée!
Je lui mets la main au paquet qui est bien rempli et je deviens directif.
-Montre ta queue.
Il ne met pas longtemps à me sortir un beau gourdin mi-mou, genre saucisson replet sans la ficelle et il a de belles boules.
Je tombe à genoux sur un bout de carton et je gobe illico. Je ne pense pas, je pompe, le chapeau légèrement relevé. Le chibre devient conséquent en bouche. Court mais du calibre à démolir les anus.
Le mode salope est activé et l'idée de me faire bourrer déboule dans mon esprit, secouant la raison qui me dit que je n'ai pas le temps, que je risque de me faire péter le trou à en avoir mal pendant trois jours et qui me rappelle, d'ailleurs, que “je ne suis pas fraîche” comme le dit Crickette Rockwell.
Bon, don’t acte. 

Je m'active sur le braquet. Le blackos sent la sueur. Je pelote son cul qui est dur et volumineux. Je ne sais si le mec est homo donc je m'applique encore plus pour qu'il ait une bonne image des gars qui sucent des queues.
Les genoux commencent à rentrer dans le béton du sol et je ne suis pas à mon avantage mais je jouis dans ma tête tandis que ma gorge est bien investie (c'est là que je bénis les dentistes qui m'ont ôté deux dents de sagesses sur quatre). Avec une main, je branle ses boules -ça fait partie des petits plus de la maison- et l'ensemble lui fait de l'effet. Il souffle, grogne plus ou moins. Ca sent le mec qui ne s'est plus purgé depuis un moment.
-Tu prends le jus? Souffle-t-il alors que je le sens se raidir.
Pour toute réponse je libère sa queue de ma bouche que j'ouvre en grand en tirant la langue. Pas très glamour, certes, mais en terme de communication c'est explicite.
Il s'astique quelques secondes te me décharge ses salves grasses sur la langue. Un délice que j'avale tout entier pour qu'il n'ait pas le temps de refroidir et dont les reliefs me maculent un peu le menton.
A la caisse d'ailleurs, un peu plus tard, la jeune Pascale me fera remarquer l'air innocent que j'avais encore “un peu de lait” dans la barbe.
-Un petit problème avec un pack de lait entier mais votre collègue m'a bien…dépanné.
Nourri de foutre en mode express-hussard, j'ai tout de même eu le temps de glisser au gaillard mon numéro de téléphone.
Mon petit trou d'ours gourmet ne saurait se passer des assauts d'un aussi joli calibre… 

Touche aux choses du sexe


Touche aux choses du sexe et tu entres alors dans le monde opaque des non-dits, des complexes des pulsions inavouables qui deviennent obsessionnelles à force de ne pas être au moins verbalisées. Tu entres aussi en terrain interdit, frappé d’ anathèmes variés et autres fatwas car on a peur quand on ne connait pas…
Parle de liberté, d'épanouissement du corps et de l'esprit par le plaisir et tu verras des yeux réprobateurs qui, pourtant, font plus que t'envier. Ces mêmes yeux qui se repaissent de pornographie en cachette et qui condamnent ceux qui osent se montrer. Notre éducation traditionnelle, pétrie de ces monothéismes qui pensent que l'Homme est naturellement destiné à façonner le monde, a créé des gouffres remplis de malaises dans le rapport au corps, au plaisir et au sexe. 
Et c'est de ces gouffres que sortent, comme les vices de la boîte de Pandore, une bonne partie de ce qui mine nos sociétés: le sexisme, la violence, le rejet de l'autre, le puritanisme…
Les catins, les hardeurs, les jouisseurs, les épicuriens, les pornographes, dans les nuits interlopes ou les jours radieux sont là pour rappeler que le sexe est partout qui fait tourner le monde au même titre que l'amour ou la haine, l'argent, l'espoir ou la quête du bonheur.

Voltige


J'aime savoir que tu rêves de moi au milieu d'une voltige d'hommes dispendieux en semence nourrissante.
Tu m'as même dit que t'être joint à eux pour me gratifier de la tienne en forme d'apothéose et tu sais combien cette seule évocation me fait m'ouvrir comme une fleur.
C'est que mon fondement se régale des pistons virils qui s'y meuvent, a fortiori quand ce sont ceux de gaillards que j'aime ou que j'admire, comme toi.
Alors ne mets jamais de limites à tes rêves du genre si tant est qu'on puisse jamais le faire car l'inconscient se fiche bien des règles.
Continue à m'explorer et me fourrer comme on fourre une pâtisserie et souviens toi combien ma langue jadis posée sur ton intimité que je tenais à pleines mains comme un gros fruit mur a pu te faire frémir, il y a bien des années.
Un jour, la passerelle se créera à nouveau entre le scénario bâti par ton inconscient et le désir de mon corps épais. Ce jour tu jouiras de moi, tu jouiras en moi tout naturellement et nous serons luisants, repus et totalement sereins.

Sur le petit matin


Se rendormir sur le petit matin, c'est l'assurance de faire des rêves érotiques totalement décadents qui vous laissent en mémoire une étrange sensation de réalisme.
En l'occurrence, un restaurant à la fois chic et feutré de cuisine traditionnelle. Tables rondes et nappes claires, bonnes bourgeoises et bons bourgeois autour. Discussions en fond sonore et cliquetis métalliques sur porcelaine. Ballet discret des serveurs.
Pas du tout la mise en scène d'un porno, ni dans le style des personnes, ni dans celui des habits. Et pourtant.
Je dîne -ou déjeune, je ne saurais le dire précisément- avec deux amis. Le premier indistinct mais l'autre est clairement identifié, il s'agit de Mike Hunt qui m'a souvent photographié. Nous sommes attablés dans dans sorte d'extension rectangulaire largement ouverte la salle principale et les commensaux des deux tables qui nous environnent sont en plein travail charnel. Soupes de langues, caresses, on en arrive vite à de profonds gobages de chibres bien tendus et autres pinages visiblement appréciés…
Personne ne s'étonne de ce spectacle que nous ne sommes d'ailleurs que les seuls à regarder, avec un certain détachement. Dans mon cerveau embrumé de rêveur je perçois bien quelque chose d'inhabituel mais sans plus. Je cherche à voir si d'autres couples sur d'autres tables se livrent aux mêmes jeux mais je n'en vois pas. La salle de restaurant n'est pas pleine. Les bouches et les fondements des garçons d'à côté, en revanche, le sont dans un mélange de semi nudité et d'étoffes froissées.
Et Mike de dire, avec l'un de ces airs énigmatiques dont il a le secret:
-C'est vrai qu'on paye plus cher ici, mais c'est un endroit tranquille.
Comme quoi le rêve érotique peut aussi être plein d'humour.

Pas de confusion


Sodomie n'équivaut pas mariage. En d'autres termes, ça n'est pas parce que je me fais explorer pour les besoins d'un shooting photo ou d'une vidéo “pour les grands” que cela signifie que j'ai la bague au doigt avec tel ou tel de mes partenaires. 
Il est bon de rappeler que ce qui compte avant tout c'est le respect pour l'autre -ne surtout pas le réduire à sa plastique ou au volume de ses outils- en particulier quand il est complice de jeux pour la beauté d'images plus ou moins frontales.
Quand je pose avec lui ou encore avec un autre, ça n'est rien d'autre qu'un “travail” doublé d'un vrai moment de plaisir, voire de complicité entre les modèles et l'artiste commanditaire. Il n'y a pas d'autre lecture à en donner et la nature de mes relations personnelles avec ces partenaires en dehors des images ne regarde que moi. 

jeudi 27 décembre 2018

Pô une machine

Je ne bande pas sur commande. Je n'ai pas la gaule non-stop durant des heures. 
Je ne me fais pas limer dans toutes les positions, arrimé à une poulie en mode Kama-sûtra exotique. 
Je n'ai pas un corps ni une résistance d'athlète, je ne recharge pas mes burnes à 20 minutes d'intervalle: j'ai 45 balais et je ne suis assurément pas dans les prouesses.
Je “porne” par plaisir, parce que c'est beau (si, si!) et que j'aime ça. Surtout quand mes compétences d'ours sensuel à plis délicieux rencontrent les projets de créatifs originaux qui ont une vraie “vista”.
Je ne sais toujours pas où tout cela nous mènera mais je m'en fous: je fais et je compose avec les moyens du bord. La cour des grands est pour les grands, la mienne est plus petite, plus confidentielle et beaucoup plus humaine. 

Formatage


Comment leur faire comprendre que les fantasmes aussi se formatent? 
A force de ne rêver qu'à des hommes aux physiques d'Hercule piqués on finit par se fermer à la vraie sensualité. 
A celle qui, brutalement au détour d'un regard, d'un mot, d'une posture ou d'un parfum, va incendier notre imaginaire.
A force de ne rêver qu'à ces physiques inaccessibles pour la plupart d'entre nous, on réduit le champ des possibles et des explorations. On se coupe de tout le reste.
Alors, bien sûr qu'un étalon musclé titille nos papilles comme nos orifices. Mais ils sont tous identiques, tous ont le même goût. Il n'y a que des courbes contrôlées et lisses sous la lumière, même lorsqu'elle est tamisée par un poil abondant, lui-même taillé pour ne pas dépasser. On sature Internet avec des images de “beaux gosses” jeunes, tendus, symétriques, sur dotés Tant et si bien qu'on oublie que 90% de la population masculine du monde n'est pas conforme à ces critères, que nous vivons au milieu de ce qui pourrait apparaître comme de la laideur au regard de ces standards. Mais c'est bien là que résident, en fait, la vraie vie, la vraie beauté et les intarissables sources de fantasmes variés. 

Double dose


L'ourson me dose toujours deux fois. 
Ce n'est pas un titre de film, juste une délicieuse réalité, même si elle n'est qu'épisodique.
C'est que le bel animal est bien vert et me laisse parcourir son corps robuste du bout des doigts ou de la langue, entre deux baisers profonds, les regards plongés l'un dans l'autre. Il sait comment investir ma forteresse, escalader ses masses, ouvrir ses portes pour y déposer sa précieuse et généreuse semence comme dans un grenier à blé. 
Après le premier assaut, alors qu'il se laisse glisser dans mes bras, la forteresse se replie sur lui, protectrice, le temps que l'excitation revienne doucement au gré des caresses ou des mots soufflés à l'oreille.
L'ourson barbu est mystérieux, son regard clair n'est que peu déchiffrable, on y voit toutefois beaucoup de gourmandise pour la sensualité alors qu'il relève à nouveau mes cuisses…
Gainsbourg chantait “l'amour physique est sans issue” et, en effet, je ne souhaite pas m'y dérober et tenter de lui échapper. La forteresse de chair et de poils n'est point très résistante et elle s'offre à ceux qui savent parler à ses murs, prononcer les bonnes formules, agir avec coeur et avec esprit.
Ils ne sont pas nombreux. 

jeudi 25 octobre 2018

Planète Porn

Il en va du porno comme du reste: le consommateur a une large part de responsabilité dans les dérives dangereuses de cette industrie.
La gratuité totale, la concurrence acharnée entre les supports et les plateformes de diffusion, la consommation d'images de plus en plus trash en terme de dégradation de dignité ou de violence font que le milieu, déjà interlope par nature, vire de plus en plus au glauque. 
Même si cela touche surtout le X hétéro qui continue à traiter toujours aussi mal ses actrices (femmes-objet, souvent très jeunes et véritablement exploitées), le porno gay n'est pas exempt de critiques. L'appât du gain des producteurs et le culte de l'ego des hardeurs nourrissent un système qui broie les individus.
Il n'y a aucune sympathie, aucune humanité, et bien peu de convivialité dans toutes les interfaces classiques (FB, twitter, Instagram…) occupées par les étalons et autres “bottoms alpha” qui font suivre leur pseudonyme d'un triple X, comme s'il s'agissait d'un label. Juste de la viande finalement, plus ou moins poussée aux hormones et piquée aux produits conduisant, à terme, à la tombe, à l'image de ce petit taurillon de 28 ans, récemment empoisonné à force de remplir son scrotum de silicone en signe de soumission à son “master”.
Pas de sexe champagne, pour le fun, le plaisir et le partage. Pas de juste équilibre entre un type de divertissement très particulier et la recherche du profit légitime. On s'achète une vertu en promouvant le “sexe responsable” et en posant pour telle ou telle association mais ça ne dure jamais bien longtemps et on s'accommode bien de l'image frelatée que le X donne du sexe et de l'incontournable rapport à l'autre avec qui on le pratique…
Avant de baver devant tel rugbyman taillé comme un demi-dieu et tatoué comme une affiche publicitaire ou telle autre icône poilue qui démonte et laboure à la chaîne, qu'on se demande si les érections sont bien naturelles, si les capacités dilatatoires prêtes à accueillir un bras entier sont bien choisies à l'instant t du tournage et assumées quand il faudra consulter un proctologue…
La pornographie est peu être le stade ultime de la liberté d'expression et de création mais c'est un domaine qui est menacé. D'abord par lui-même, par ses excès, et ensuite par la société civile qui, bien hypocritement, le désigne toujours comme faisant partie de ses boucs émissaires. En France, on reparle d'ailleurs de durcir (sans jeu de mot) la législation en la matière et le sujet n'est pas un serpent de mer enfermé dans un tiroir.
Alors, au lieu de consommer du X comme des décérébrés, soyez exigeants et responsables, n'en gardez que le meilleur et faites-le vous-mêmes :-)

Conseil de lecture: Marie MAURISSE, Planète porn, Stock